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La matière première du travail de Jim Pontvianne est la photographie. 

Petits tirages argentiques en noir et blanc de photographies de famille, extraites de la presse ou de films ; l’artiste ingère et traite ces images en recadrant, assemblant, avant de les reconstruire par l’acte pictural. 

Après des études aux Beaux-Arts dévoluent presque exclusivement à la photographie, il semblait nécessaire ici de créer des images à la main. Le choix de la peinture parce que mode de création des images aussi bien manuel que mental, mais aussi ancestral ; comme une comfrontation à l’histoire. Jim Pontvianne cherche à réinventer son langage en interrogeant des sujets familiaux et intimes, comme historiques et médiatiques ; le lien avec le passé semble ténu. 

Des effets spécifiquement photographiques et cinématographique, sont par ailleurs visibles sur les toiles ; qu’il s’agisse de gros plans, de cadrages serrés, d’images aplaties. Strates de couleurs et de traits, se révélant tout autant que se masquant, strates de souvenirs et de « ça-a-été » Barthien. En rendant visible le repentir, la sous couche, l’artiste donne à voir le processus de fabrication de l’œuvre, sa genèse. Aller sous la peau de la peinture ; le regardeur est finalement enjoint à une démarche d’autopsie, de dissection de l’image. 

L’expression du médium peinture est ainsi questionnée mais surtout utilisée pour ses qualités intrinsèques de superposition et transparence ; d’épaisseurs et de sens. Les supports utilisés, toiles de lin naturel ou monolithes de bois irréguliers, comme morcelés, rongés par le temps, évoquant parfois les planches des portraits du Fayoum et les pinakes grecques antiques. 

Dans la matérialité même de la peinture, dans ses strates souvent visibles, dans sa superficialité, la réalité de l’image est questionnée, mise en exergue. 

Représentation post-photographique. 

Peint a fresco, réalisés rapidement, chaque tableau implique un surgissement pictural. Les visages sont dissouts, comme effacés dans les limbes de la mémoire.

La matrice photographique, originellement ancrée dans le réel, est dépassée. Malgré cela, la peinture reste fondamentalement figurative ; elle devient image. C’est en cela que le dialogue entre les deux médium est prégnant.

On assiste alors à la récurrence de certains motifs : des visages, des corps, parfois par fragments. 

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